Moulin de l'olivette (producteurs) - 04100 Manosque

observations et petits conseils sur la CULTURE DE L'OLIVIER

Ces quelques informations et conseils sont le résultat d'observations sur la biologie de l'olivier et de ses fruits. Ces constatations n'ont pas la valeur scientifique et la rigueur que pourront vous apporter les organismes professionnels ou ayant autorité dans la culture et l'entretien des oliviers (AFIDOL, INRA etc...). Ceux-ci vous donneront les conseils de culture que nous ne vous fournissons pas ci-dessous :

  • La plantation d'un jeune olivier en pot : Elle se fait de préférence à la sortie de l'hiver. Pour les jeunes arbres en pot, il faut juste couper les branches basses s'il y en a au pied du tronc. Il faut bien tuteurer le jeune olivier dont les racines pourraient souffrir des mouvement de l'olivier dus au vent. Il faut arroser régulièrement ces jeunes arbres les 2 premières années du mois de mars au mois de septembre (en l'absence de "bonnes pluies"). Au bout de 2 ans, l'olivier supportera mieux la sècheresse mais des arrosages judicieux en l'absence de pluie l'aideront à se développer plus vite. L'olivier craint les froids excessifs (environ -10°) lors de ses premières années. Le pailler à la veille de l'hiver peut être une bonne idée. En Haute-Provence, l'olivier se trouvera mieux en coteaux qu'en plaine pour 2 raisons principales : les températures minima de l'hiver sont plus hautes sur les collines que dans les vallées et les sols en coteaux plus filtrants qu'en plaine. Un sol où l'eau stagne sera fatal à l'olivier. L'endroit choisi pour la plantation sera plutôt aux adrets (soleil), les autres arbres devront être éloignés de l'olivier pour que leur ombre ne gêne pas l'olivier. Enfin les distances de plantation entre les oliviers seront préjudiciables à la biologie et à la production de celui-ci lorqu'elles seront inférieures à 5mx5m.
  • Plantation d'un olivier qui vient d'être déterré (n'est pas en pot) : il faut préférablement le tailler et le raccourcir fortement, quitte à planter "un manche à balai" (tronc d'olivier sans feuillage) de 1m20 afin que la reprise soit meilleure. Plus le planteur maintiendra du feuillage, plus difficile sera la reprise. L'arbre sera fortement et régulièrement arrosé jusqu'à l'apparition de nouvelle pousses sur le tronc. Les arrosages pourront alors être réduits.
  • Plantation d'un souquet : Un départ à bois d'un diamètre minimum de 2cm au pied d'un arbre adulte est sectionné, au moyen d'une hache, d'un merlin ou d'une masse et des coins, avec un morceau de matte (partie ligneuse des racines de l'olivier). Le souquet sans feuille "manche à balai" est planté et arrosé fortement et régulièrement la 1ère année. Les premiers bourgeons qui apparaitront (environ 2 mois après plantation) marquent la bonne reprise de l'olivier.
  • La taille des oliviers : Elle se pratique annuellement ou bisannuellement au printemps et a pour fonction d'éclairer le feuillage. Elle est guidée par la notion de fructification (c'est le court terme) et la notion de (re)structuration (c'est le long terme) de l'arbre.  L'olivier aime l'air et la lumière et les "fenêtres" pratiquées à l'intérieur de l'arbre permettront à ceux-ci de circuler. La taille n'a bien sûr aucune fonction esthétique et les coupes seront pratiquées au départ des branches (de 5 à 10 mm). On taille les branches et pas le feuillage. L'idéal est d'avoir un maximum de feuilles et un minimum de bois. Le tailleur doit penser à maintenir une facilité de cueillette des olives. Le feuillage, et donc les fruits, doivent donc pouvoir être présents sur des arbres adultes dès une hauteur de 50 cm. Il faut donc penser régulièrement à rabattre par partie des arbres adultes dont les premières feuilles se trouvent trop en hauteur. Des démonstrations de taille d'oliviers sont organisées chaque année. Allez-y car "il vaut mieux un arbre pas taillé que mal taillé".
  • L'entretien du sol et l'entretien phytosanitaire de l'olivier : L'olivier est un arbre très rustique, c'est à dire immortel dans de bonne conditions de situation et d'exposition (en coteaux, dans des sols plutôt filtrants, et à l'abri des grands froids dans notre région). Cela signifie qu'il sera toujours là même si vous ne vous en occupez pas. Il ne mourra pas. Mais, dans ce cas-là, sa production sera infime ou inexistante. Par sa rusticité, l'entretien de l'olivier se satisfait donc très facilement d'une culture bio ou d'une lutte minimum et raisonnée contre les prédateurs (mouche de l'olive certaines années). Celui-ci consistera à favoriser la nutrition du végétal par un entretien du sol en binant le pied de l'arbre pour favoriser l'infiltration de l'eau et donc des élément fertilisants que vous pourrez aussi apporter avec du compost, du fumier desséché ou certains engrais autorisés (se renseigner auprès des marchands). Une taille effectuée avec compétence favorisera l'éclairage et la ventilation de l'arbre. Quand celui-ci est situé plein vent, cela sera suffisant pour que les champignons ne se développent pas ou peu (oeil de paon et fumagine). Sinon les produits cupriques ont une efficacité préventive dès que la température dépassera les 12° et sera inférieure à 25° (soit en général le printemps et l'automne). Il faudra alors vous informer auprès des organismes ou entreprises spécialisées sur les doses et produits de traitement à appliquer.
  • La mouche de l'olive : Elle peut être présente en plus ou moins grande quantité dès que l'olive atteint la taille de son noyau adulte (soit environ vers le 15 juillet). Elle est plus présente en bord de mer abrité du vent qu'à l'intérieur des terres bien ventées.Elle va vivre, pondre à l'intérieur de l'olive, mourir et se renouveler par cycle de 3 semaines jusqu'aux premiers grands froids (en moyenne fin octobre). Les piégeages servent à délimiter le seuil éventuel de traitement (voir les bulletins d'informations de l'AFIDOL repris sur notre site sous la rubrique "INFOLIVE"). Les dégats occasionnés par la mouche de l'olive sont favorisés par : une faible récolte (le ratio mouches/olives est plus élevé), une faible altitude du verger, l'absence de vent et de lumière, les périodes estivales froides (la mouche n'est pas active lorsque les températures sont supérieures à 30°), les périodes automnales chaudes (la mouche poursuit sont activité lorsque les températures sont supérieures à 10°). Les olives grosses et mures (cas fréquent lors de faibles récoltes) seront plus "appréciées" des mouches que les olives plus petites et vertes (cas fréquent lors d'importantes récoltes). En tenant compte de ces observations, et selon les cas de chaque verger, l'impasse sur les traitements contre la mouche pourra être faite selon les années.
  • La teigne : Se manifeste par des galeries visibles sous les feuilles de l'olivier au printemps, puis par des fils blancs apparaissant sur certains boutons floraux lors de la floraison et enfin, par une chute limitée d'olives durant une quinzaine de jour en septembre. On observe dans ce cas-là le noyau de l'olive mangé près du pédoncule. Les dégats occasionnés par la teigne sont rarement importants et la chute d'olives (très limitée dans le temps) qui en résulte en septembre peut compenser la chute naturelle que l'olivier provoque également. A de très rares exceptions, le traitement contre la teigne semble donc inutile.
  • Confondus à tort avec les symptomes occasionnés par la teigne, les amas cotonneux apparaissant lors de la floraison des oliviers sont dus au psylle. Ils sont aussi spectaculaires qu'inoffensifs et ne doivent donc pas être traités.
  • Autres pathologies de l'olivier ou de l'olive : Dans des conditions normales de situation, d'exposition de l'arbre et de taille correcte, les maladies ou pathologies de l'arbre et de son fruit sont rares, sans gravité ou simplement conjoncturelles (ex : excès ou manque d'eau). De très nombreux oléiculteurs ne pratiquent aucun traitement sur leurs oliviers en dehors du binage, de l'arrosage (compensant la sècheresse selon l'époque ou l'année) et de la fumure. Leurs pratiques culturales respectueuses de l'environnement donnent de très bons résultats à moindre coût de temps et d'argent. Tout traitement chimique systématique des oliviers (ex : à telle date, faire tel traitement) est à proscrire absolument. Seuls une connaissance de la biologie de l'olivier à travers son expérience personnelle et les conseils de culture raisonnée ou bio doivent guider l'oléiculteur dans l'entretien de son verger.
  • Les organismes professionnels ou des livres spécialisés donneront aux oléiculteurs qui le souhaitent une connaissance plus approfondie de l'olivier.  Des pathologies plus mineures que l'olivier et l'olive peuvent subir seront alors traitées et développées.

 

 



10/04/2009
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1071 autres membres